Couverture
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Informations
Ca S'Est Passe Demain
Rageot
Dernière mise à jour : 15/03/2026
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Fiche complétée
Éditeur
Rageot
Collection
Heure noire
Série
—
Numéro de série
—
Format
—
Présentation
—
Parution
06-06-2009
Pages
150
Poids
194
Largeur
—
Hauteur
—
Épaisseur
—
Classification
Littérature & Essais littéraires > Romans > CA S'EST PASSE DEMAIN
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e9782700236026_cover.jpge9782700236026_i0001.jpg SOMMAIRE LUDO EST MORT L'HOMME AU DIAMANT DÉRAILLEMENT ÉDITION SPÉCIALE REQUIEM ET DIXIELAND RENCONTRE EXPLOSIVE FARIBOLES RENDEZ-VOUS UN MYSTÈRE POUR DEUX LE SAC AUX SECRETS L'ARTICLE DE LA MORT C'EST ÉCRIT ? PANIQUE AU CLAIR DE LUNE NUMÉROS GAGNANTS HIER ET DEMAIN 978-2-700-23602-6 ISSN 1766-3016 © RAGEOT-ÉDITEUR – PARIS, 2009. Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays. Loi n° 49-956 du 16-07-1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Du même auteur, dans la même collection : Crime d'auteur Le fantôme mène l'enquête Plongée fatale Aux Castors.e9782700236026_i0002.jpg LUDO EST MORT J'ai à peine le temps d'entrer, de claquer la porte d'un coup de talon et d'expédier mon sac à dos au pied de l'escalier que le téléphone retentit. Le numéro d'Alexandre s'affiche. Je décroche. – Allô Maxime ? C'est bien Alex. Cela fait à peine cinq minutes que je l'ai laissé devant chez lui que déjà il me relance. – Alex ? Qu'est-ce qui se passe ? Il habite à deux maisons d'ici. Pendant notre retour du collège, inspiré par le beau soleil de mai, il m'a raconté dans le détail ses histoires de cœur avec sa nouvelle copine. Il faut croire qu'il n'a pas tout dit... Il prend son temps. – Mais parle, Alex ! – T'as appris ? finit-il par dire. Ludo est mort ! La nouvelle me glace. Je parviens à articuler : – Co... comment c'est arrivé ? – Ma mère m'a dit qu'il avait été renversé par une voiture alors qu'il traversait la nationale. – Et ça s'est passé quand ? – En début d'après-midi. Ludovic, c'était le compagnon de nos balades en ville. Handicapé de naissance, il souffrait de gros problèmes tant pour marcher que pour parler. Il passait son temps à promener sa drôle de silhouette désarticulée à travers les rues de Souvigny, cherchant un passant à accoster, le sollicitant d'un rire bref en guise de bienvenue avant d'effectuer quelques pas en sa compagnie. On ne savait à peu près rien de lui mais il était l'ami de tout le monde et il ne serait venu à l'idée de personne de se moquer de ses insuffisances ou de manifester de l'impatience. Je suis stupéfié : – Tu te rends compte, j'ai fait un bout de chemin avec lui ce matin en allant au bahut ! C'est qui le conducteur ? – On n'en sait rien. Il s'est sauvé ! – C'est pas vrai ? – J'espère qu'on va le retrouver, le fumier ! –Y a intérêt ! je conclus. Je monte dans ma chambre, bouleversé. Je me revois, marchant dans la rue à côté de Ludo, ayant renoncé depuis longtemps à interpréter le désordre de ses propos, sans qu'il m'en veuille pour autant. Je revois ses façons de me pousser par jeu en m'assénant des « Copains ! » convaincants. En échange de mes chewinggums, il m'offrait une bille en verre, un porte-clés ou une pochette d'allumettes récupérés je ne sais où. J'ai du mal à admettre que tout cela est fini. Ma mère arrive à la maison une bonne heure après moi. Elle est prof de maths au lycée Blaise-Pascal. Je la retrouverai l'année prochaine quand j'entrerai en seconde. À la façon dont elle suit mon travail, je crois qu'on arrivera à cohabiter. Elle a appris l'accident de Ludovic en s'arrêtant acheter le pain. Elle me rejoint dans ma chambre et s'assoit sur le lit à mes côtés. Elle parle d'une voix basse, un peu hésitante, comme toujours quand elle est émue : – Il était de ces rares personnes à traverser la vie sans jamais perdre le sourire. C'est ce souvenir que tu dois garder de lui. Ses efforts pour me venir en aide sont couronnés de succès. J'avais résisté jusque-là. Je ne retiens plus mes larmes.e9782700236026_i0003.jpg Au dîner, notre tête à tête est silencieux. Je laisse la purée refroidir dans mon assiette pendant que j'y dessine mécaniquement des arabesques du bout de ma fourchette. – Tu as eu des nouvelles de papa ? je finis par demander. – Il m'a téléphoné ce matin. Il est encore à Strasbourg. Il pense rentrer au milieu de la semaine prochaine. Mon père vend et entretient des machines destinées aux imprimeries. Il est souvent sur les routes car il doit couvrir une vingtaine de départements. Il lui arrive de rester absent de la maison une quinzaine de jours d'affilée. Ce soir, plus que jamais, ce père à éclipses me manque. Maman sent ma déception. – Il m'a dit qu'il t'avait trouvé un cadeau. Tu seras surpris. Je souris pour la forme. Le dessert avalé, je remonte dans ma chambre. Coup d'œil rapide sur mon agenda. Je le referme en décrétant que je peux vivre sur mes acquis. Je m'installe devant mon ordinateur, décidé à passer la soirée à chatter. Détour par la messagerie. Au milieu des spams habituels, vite envoyés à la corbeille, je remarque un curieux message. Il ne comporte pas de mention d'expéditeur et propose trois points de suspension en guise d'objet. Je n'ai jamais rien reçu de tel. L'antivirus reste sage, j'ouvre. Ça rame !... Je soupçonne l'arrivée d'un lourd fichier publicitaire. Je m'apprête à le supprimer quand un lecteur d'images dont j'ignorais jusque-là l'existence s'affiche sur l'écran. Apparaissent alors des séries de taches sombres qui s'organisent progressivement en lignes et colonnes. Par endroits se dessinent des rectangles colorés. On dirait une page de magazine massacrée par un lavage en machine. La qualité de l'image s'améliore peu à peu. Je décide d'aller au bout du chargement. En attendant, je vais retrouver sur le web mes correspondants habituels. La toile bruisse de la mort de Ludovic. « Mira-la-Belle », une fidèle du chat, a assisté à l'accident. Elle affronte le feu des questions. C'est une Audi de couleur claire qui a renversé Ludo. Elle était immatriculée dans le 92, conduite par un homme. Le chauffeur a démarré en trombe à l'instant où le feu passait au vert sans se soucier du handicapé qui tardait à traverser... Il l'a heurté de plein fouet et il a poursuivi sa route. Il n'a même pas freiné ! L'émotion est vive chez les internautes. Je passe un long moment à poser des questions et échanger des commentaires. Il est tard lorsque ma mère vient me rappeler que, demain, le réveil sonnera à sept heures. – J'éteins l'ordi et je me couche ! Je retourne une dernière fois vérifier mon courrier. Le message est enfin affiché dans sa totalité. Il s'agit de la première page d'un numéro de L'Éclaireur du Centre, le quotidien de la région. La définition de l'image est très médiocre. Les articles en petits caractères sont mal restitués, de même que les photographies. Seuls les titres sont lisibles. Dans le quart inférieur droit, je lis : « Accident mortel à Souvigny – Un handicapé renversé par une automobile qui prend la fuite. » Je demeure ébahi quelques instants devant l'écran. D'où cela vient-il ? Quelqu'un a dû récupérer un exemplaire du journal qui sera distribué demain matin. Mais dans quel but a-t-il décidé d'en faire circuler, et de manière anonyme, une si mauvaise reproduction dès ce soir ? Et pourquoi m'avoir choisi comme destinataire ?
API (debug)
/api/v1/lookup?ean=9782700236026
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